La première randonnée sur le chemin des CM2

Ce lundi 9 février, pour la première fois, nous avons emprunté le chemin conçu par les élèves. Jacques et Michel, randonneurs infatigables, nous accompagnaient ainsi que la maman de Zahra et le papa d’Omid.

La découverte des premières « rues ».

Dès le départ, nous avons pu constater quelques problèmes à prévoir à l’avenir. Les premières « rues » sont des allées et concernent des noms illustres tels que ceux de Jean Moulin , Pierre Brossolette, Gabriel Péri ou Honoré d’Estiennes d’Orves.

Malheureusement, la signalétique, différente de celle des rues, ne nous a pas permis, dans un premier temps, de bien les repérer. Néanmoins, en s’approchant de la Cité de la Résistance, nous avons remarqué des plaques argentées sur les frontons des immeubles.

Là, certains élèves, tels Anaïs, Imane, Zahra, Franço ou Enzo nous ont montré leurs connaissances au sujet des résistants nommés précédemment.

A ce moment, nous avons vu un avant goût de ce qui nous attendrait pour chaque résistant présent sur notre chemin.

Une poursuite plein de surprises.

Par la suite, nous nous sommes rendus devant le rond point de l’Abbée Grégoire, connu pour ses positions durant la Révolution, en faveur des changements et à l’encontre du Clergé.

Ensuite, nous avons marché sur cette longue rue, justement nommée, « La route de Stalingrad ». Là certains enfants, qui avaient réalisé quelques recherches, ont pu associer ce nom de ville à la célèbre bataille qui a opposé l’Allemagne nazie et l’Union soviétique.

Avant d’entamer la montée sur le pont qui nous menait au rond point suivant, le papa d’Omid a partagé avec nous ses connaissances sur l’Hôpital Avicenne (origine du nom, notamment). Ce moment était vraiment intéressant pour tous car il émanait d’un parent, dont c’était la première randonnée, d’origine afghane, et grand connaisseur d’Ibn Sīnā.

A la rencontre de nouveaux résistants

Après cet intermède culturel et historique, déjà, nous avons fait la connaissance de plusieurs résistants peu connus, sur le plan national probablement, mais symbolique sur le plan local.

Tout d’abord, Fernand Péna, s’est « présenté » à nous. Sur la plaque de cette rue, nous avons pu lire « 1922-1944 Résistant communiste, déporté à Sachsenhausen », sur une autre qu’il avait appartenu à un groupe de scouts.

En remontant cette rue, nous avons longé la Cité Gaston Roulaud (résistant et Maire de Drancy de 1945 à 1959) pour aboutir à la jonction avec la rue Roger Salengro.

A proximité de Fernand Péna, résident les noms de Simon Bronsztein et André Sigonney, résistants morts à 24 et 21 ans, exécutés, l’un à Nantes, l’autre au Mont Valérien.

Quelques pas plus loin, en prenant sur notre droite, nous avons « rencontré » Jean Wirbel, autre résistant, militant communiste, fusillé comme otage.

Cette rue est assez longue et calme avec un seul sens de circulation. Les élèves ont découvert un quartier pavillonnaire différent de celui à proximité de notre école. Là, une majorité de maisons assez récentes, plutôt jolies, avec des jardins entretenus peuplent notre chemin.

Un premier montage de ces plaques de rues.

Montagepena

Une grande figure de la Résistance.

Au bout de la rue Jean Wirbel, nous croisons la rue de la Paix, mot si important, pour arriver devant la plaque au nom de Danielle Casanova.

Pour beaucoup d’élèves, Danielle Casanova a déjà une symbolique forte car elle est la première figure de la résistance féminine que nous rencontrons.

Plus tard, en classe, nous ferons plus ample connaissance avec une autre grande figure, en la personne de Lucie Aubrac.

Revenons à Danielle Casanova. Sa plaque mentionne : »1909-1943, Chirurgien-dentiste, secrétaire UJFF. Résistante, déportée à Auschwitz où elle fut terrasée le 10 mai 1943 par le typhus ». A l’angle de la rue Henri Barbusse, nous accédons aux grilles de la Cité Danielle Casanova.

Un petit monument avec une statue et une plaque lui rendent hommage.

Nous reviendrons dans le cadre de nos articles sur cette figure importante mais aussi sur tous les résistants rencontrés.

Une nouvelle série de résistants à découvrir.

A cet endroit précis, nous sommes au trois-quart de notre chemin menant au Mémorial de la Shoah et au Camp de Drancy de la Muette.

Dans ce dernier quart, nous rencontrons dans l’ordre Henri Langlois, Jacques Jorissen, Simon Bronsztein et René Deschamps.

Ce petit montage photo vous montrera trois de ces plaques car pour Simon Bronsztein, il s’agit de l’école maternelle portant son nom.

Montagejorissen

Ces trois résistants ont tous connu un destin tragique, l’un fusillé à Cologne (Langlois), l’autre fusillé à Nantes (Jorissen) et le dernier, Deschamps, déporté à Auschwitz en 1942.

A proximité de la rue Ribot (celle de l’école maternelle) se trouve celle de Lucien Delaquerrière, résistant lui aussi bien sur, que nous devions emprunter.

Une dernière ligne droite

Au bout de la rue Ribot, nous avons tourné sur notre gauche, face à la rue Deschamps, et remonté la rue de la Liberté jusque l’avenue Jean Jaurès, point d’arrivée de notre chemin.

Au passage, sur notre gauche, comme des symboles, nous avons croisé la rue du 8 mai 1945 puis sur notre droite la rue de la Fraternité.

Un point d’arrivée évocateur.

Une fois dans l’avenue Jean Jaurès, avec les élèves, nous nous sommes posés devant le Wagon représentant les déportations subies par les juifs concentrés dans le camp de la Muette.

Là, nombreux sont ceux qui ont ressenti une certaine émotion face à ce Wagon et ce « camp » en fond. La Cité de la Muette n’était pas inconnue des élèves car nous avions commencé à regarder le film de Philippe Saada intitulé : « Un camp aux portes de Paris : Drancy 1941-1944 ».

C’est alors que je leur ai demandé de se retourner et d’observer. Pour l’ensemble, ma demande fut quelque peu incomprise.

Beaucoup me dirent : « Mais Maître, il y a quoi à voir ??? » auxquels je répondis très naturellement : « Devant vous, tout simplement ».

Cette baie vitrée, miroir de leur présence, « invisible » à leurs yeux devint tout à coup le Mémorial de la Shoah.

Nous étions arrivés et la surprise fut totale.

Avide de le découvrir, je dus leur rappeler qu’une visite se ferait le mois suivant.

C’est ainsi que se termina notre première randonnée sur ce chemin des CM2. Il était temps de revenir à l’école par le chemin crée par les CE1 deux ans plus tôt.

Prochainement, l’article sur le film de Philippe Saada et les deux grandes journées du 3 et 19 mars et sur les deux visites au Musée National de la Résistance de Champigny sur marne.

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