Mon Inauguration du 27 mai 2015

Jusqu’à présent, soit près d’un mois et demi, je n’avais pas trouvé de temps pour raconter mon inauguration du mercredi 27 mai 2015.

Les préparatifs.

Depuis le mois de septembre 2014, cette date résonne comme le rendez-vous à ne pas rater, telle une finale à laquelle nous sommes destinés, un mariage où nous sommes attendus, un examen à passer.

Avant l’heure, tout est encore possible, après ce sera plus difficile et pendant, il faudra prendre le temps de savourer chaque instant.

Depuis le début, je sais que tout ce que nous voulions faire ne sera pas abouti mais les objectifs les plus importants seront atteints.

Depuis le début, je sais que le mois de mai sera, presque entièrement, consacré à finaliser les derniers détails.

Par exemple, le jeudi 21 mai, nous organisons avec Jacques Dufour, une randonnée répétition, avec lecture des présentations à chaque rue.

Nous partons à 9h30 et 4 heures plus tard, nous arrivons péniblement devant l’école Deschamps. Les élèves, dans l’ensemble, n’ont pas appris leur texte, n’écoutent pas leur camarade, et traînent des pieds pour avancer.

A cela s’ajoute le fait que je viens de récupérer le numéro d’une personne de la Communication de la ville de Drancy. Rendez-vous est pris pour 14h, afin de récupérer les flashs codes qui nous serviront pour l’inauguration du 27 mai.

Cette journée est quasiment un cauchemar mais sans que cela ne m’inquiète.

Je sais déjà que le jour « j », tout sera prêt.

Le lendemain matin, j’en profite pour clarifier les choses avec les enfants et pour leur remonter les bretelles, comme on dit.

L’excès de confiance n’aura pas lieu d’être et la concentration sera maximale.

Le week-end du 23-24 mai, j’en profite pour terminer la rédaction des articles nécessaires pour l’inauguration. L’idée est qu’il existe un article pour chaque personne étudiée afin que le site soit complet. Il nous restera le mois de juin pour que les enfants postent leurs articles.

L’objectif est réalisé mais du coup me voilà parti pour récupérer tous les flashs codes auprès du service communication le mardi 26 mai à 17h.

Le matin du 27 mai 2015

Ce matin là, je me lève tranquillement et prépare mes affaires (appareil photo, vêtements, documents, …) afin de partir et être présent au rendez-vous fixé devant la Cité de la Muette à 7H45.

Avec André, l’ensemble des randonneurs, notamment, Jacques et Jean-Paul, nous nous organisons pour laisser des voitures à l’arrivée tout en nous convoyant à l’école pour 8H15.

8H30, début de l’inauguration.

Nous sommes amassés près de la porte du Parking, l’ensemble des enfants est là, apprêtés, motivés, et déjà le plaisir de voir certains visages de parents et d’invités se fait ressentir.

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Comme prévu dans le déroulement, avec André, Jacques et Jean-Paul, nous faisons un bref discours de présentation et d’explication de notre projet.

Il est temps de partir afin de rejoindre la Cité de la Muette pour 11H30.

9h15, les premiers articles.

Nous cheminons alors à près de 80 personnes sur le trottoir en direction de la Cité de la Résistance. Certains randonneurs ont pour mission de sécuriser notre convoi pour traverser ou pour encadrer notre groupe.

Nous arrivons donc à l’allée Honoré d’Estienne d’Orves et à l’aide d’un micro et d’une enceinte portative, je donne quelques informations avant de donner la parole aux premiers élèves.

Le hasard, qui fait toujours bien les choses, même si je l’ai un peu aidé, a voulu que la première intervention serait faite par Nilam, Clémence et Aïmane.

Nilam est un vrai exemple, pour nous tous, d’intégration, de volonté et de réussite pour la classe. En effet, elle est en France depuis à peine un an et demi. Elle est venue directement du Népal et met toute son énergie à bien parler et maîtriser le français.

En septembre, je m’adressais à elle en français et en anglais, qu’elle manie couramment, puis dès le mois d’octobre, elle m’a demandé de n’employer que le français.

Clémence, elle, est d’origine chinoise et toute l’année il m’a fallu tendre l’oreille pour apprécier le son de sa voix.

Aïmane, élève passionné de football, a parfois des petites difficultés à lire ou mémoriser ses textes. Ses écrits sont aussi un peu difficiles à déchiffrer mais ses connaissances dans de nombreux domaines sont précieuses.

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Le moment de leur laisser la parole est arrivé et devant leur stress, un peu d’humour les détend un peu. Je tends le micro et Nilam récite son texte :  » Honoré d’Estienne d’Orves, Né le : 5 juin 1901 à Verrière le Buisson (Essonne). Jeunesse : Sort de Polytechnique en 1923 et intègre lʼEcole Navale. Guerre et Résistance : Se trouve à Alexandrie (Egypte) lors de lʼArmistice de juin 1940. Refuse la défaite française. 27 septembre 1940 : Rejoint le Général de Gaulle à Londres… »

Clémence poursuit la mini biographie qu’Aïmane termine sans souci.

Le plus dur a été fait et les autres vont s’inspirer de leur prestation.

Seule, petite ombre au tableau, je cherche à apposer notre premier flash code lorsque je découvre que …. ce dernier manque à l’appel ainsi que ceux de Gabriel Péri et Pierre Brossolette.

Il faudra donc attendre l’allée Jean Moulin pour inaugurer notre dispositif.

9h45 en route vers Stalingrad.

Cette rue ou route de Stalingrad porte bien son nom. En l’empruntant, on a comme l’impression de cheminer vers cette ville lointaine.

L’avantage est qu’elle permet de prendre le temps de discuter avec celles et ceux qui viennent vous féliciter, vous questionner sur le projet.

Au détour d’une armoire technique peinte, nous faisons un petit arrêt pour écouter Dimitri et Moussa.

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L’un et l’autre ont fait un vrai effort vestimentaire pour cette occasion et ont aussi pris la peine d’apprendre leur texte et de tenter l’exercice de présentation sans aide.

Ils nous font revivre ces combats, appelés « Bataille de Stalingrad », qui perdureront pendant près de 200 jours faisant des centaines de milliers de morts dans les deux camps, russes et allemands.

Surtout, cette « bataille » marquera un tournant dans la guerre et précipitera la future défaite des nazis.

10H10 Fernand Péna

Cette rue Fernand Péna est l’occasion de rendre hommage au premier résistant d’origine drancéenne. A travers lui, nous pouvons prendre conscience de cette jeunesse qui aux portes de Paris, à quelques encablures du Camp de Drancy, a choisi de résister à visage découvert, de faire entendre son refus de l’Occupation allemande quitte à y laisser sa vie.

Arsan et Rozy nous énumèrent les quelques dates de la vie de Fernand Péna tandis que Jacques Dufour, ensuite, nous fait partager ses connaissances sur ce lieu.

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Nous en profitons pour coller officiellement notre logo et nos flashs codes permettant de retrouver les articles sur Fernand Péna.

Nous poursuivons notre chemin en parcourant la rue Jean Wirbel, Gustave Devèze et la rue de la Paix.

10h35 Danielle Casanova

Nous arrivons dans la dernière partie de notre chemin lorsque nous atteignons la rue Danielle Casanova.

A plus d’un titre, ce moment restera important pour notre inauguration.

Tout d’abord, important car il célèbre la première et seule femme de notre parcours (à notre grand dam).

Ensuite parce que le destin de Danielle Casanova est des plus romanesques et dramatiques à la fois. Elle oeuvra pour la cause des femmes, la résistance, la vie dans les camps et le paya de sa vie malheureusement.

Enfin, plus simplement, il me permit de donner la parole à Mallaury, belle rousse, toute en discrétion et retenue, timide maladive mais si pertinente dans son travail et Enzo, sourire charmeur, petit trublion, cousin de Mallaury.

Ensemble, ils ont fait la part belle à cette grande dame et rendu hommage à ses combats.

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Jacques Dufour en profita aussi pour associer Danielle Casanova à son amie Maï Politzer, femme de Georges Politzer.

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10H50 Jacques Jorissen

Un autre plaisir particulier avec l’évocation de Jacques Jorissen, autre figure locale active, qui paya de sa vie son engagement face à la barbarie nazie.

Elle sera faite par Vidushan, élève que j’ai connu en CP, 6 ans plus tôt, maintenu en CM2 cette année et qui participa du coup à notre projet.

Un garçon toujours positif, calme et sensible qui joua un rôle très précieux dans les liens qui ont uni tous les élèves de la classe.

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11h15 Simon Bronzstein

Notre chemin va bientôt entrer dans sa dernière ligne droite.

Avant de s’y engouffrer, je me sens obligé, comme pour Danielle Casanova, de vous faire partager la « rencontre » entre Simon Bronzstein et Anaïs.

D’un côté donc, Simon Bronzstein, drancéen, fils du rabbin  de Drancy, polonais d’origine, fusillé sans procès au Mont Valérien avec 68 autres otages le 15 décembre 1941.

Une rue porte son nom, à côté de celle de Fernand Péna et surtout une école, rue Ribot, où nous poserons un logo et un flash code.

De l’autre, Anaïs, petit bout de jeune fille, possédant un an d’avance, naturelle, attachante, volontaire et combattive.

Toute l’année, elle va s’investir dans le projet, faire des recherches, écrire des articles (remplis de fautes en première lecture :)), m’apporter des documents de ses grands-parents, de sa maman ou de sa soeur.

Elle n’hésitera pas avec sa maman à se rendre au Mémorial de la Shoah pour rencontrer Frida Wattenberg dont nous avons pu étudier la vie, ses combats et son courage.

Bref, Anaïs est comme une synthèse du passé, du présent et je l’espère du futur en terme de valeurs et d’abnégation.

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11h30 rue de la Liberté.

Après avoir quitté la rue Ribot, Délia nous a narré la vie d’un autre grand nom de la résistance drancéenne avec René Deschamps.

Nous entamons la dernière ligne droite avec la rue de la Liberté.

Au bout, nous atteindrons la rue Jean Jaurès, la Cité de la Muette et le Mémorial de la Shoah.

Mais cette dernière rue ne se fera pas comme un long fleuve tranquille.

Tout d’abord, comme l’indique l’heure du titre, nous sommes légèrement en retard. Nous arriverons à bon port avec dix petites minutes au final.

Ensuite, c’est le moment choisi par le journaliste du Parisien pour venir m’interviewer. En quelques mots, je lui présente le projet, les partenaires qui nous ont accompagnés, les différentes étapes, la joie d’être là aujourd’hui.

Lui prend quelques notes rapides sur son cahier, quelques photos de ci, de là.

Au loin, j’entends mon nom mais je ne distingue pas les mots ni la demande.

En fait, nous venons de « zapper » la rue du 8 mai 1945 et sa présentation. Mon nom lui était crié par André, le directeur de l’école.

Tout ça est bien entendu de la faute de notre « ami » journaliste » mais je ne lui voudrais jamais car il se fera « pardonner » en publiant un bel article dès le soir même sur le site internet du journal et le lendemain dans l’édition locale.

Le texte oublié pour la postérité prévu pour la rue du 8 mai 1945 et dit par Binta et Mariama:

« Victoire finale des Alliés sur lʼAllemagne nazie. Marque la fin de la Seconde Guerre Mondiale en Europe.

Guerre : Quelques dates

  • 17 juillet 1942 au 2 février 1943 : Bataille dite de Stalingrad. 200 jours de combats et défaite des Allemands
  • 6 juin 1944 : Débarquement sur les plages de Normandie.
  • 15 août 1944 : Débarquement en Provence.
  • 19 au 25 août 1944 : Libération de Paris et défilé le 26 août sur les Champs-Elysées.
  • 7 mai 1945 : Réddition de lʼarmée allemande signée à Reims
  • 8 mai 1945 : Capitulation officielle de lʼAllemagne signée à Berlin.

Le 8 mai devient une première fois un jour férié de commémoration en 1953 avant dʼêtre supprimé comme jour férié en 1959 par le Général de Gaulle puis comme commémoration en 1975 par le Président Giscard dʼEstaing.

Le caractère férié et commémoratif est rétabli en 1981 par le Président François Mitterrand.

Bilan de la guerre :

6 années de guerre, entre 60 et 80 millions de morts dont 45 millions de civils, 18 millions de soldats alliés et 11 Millions de soldats allemands. Environ 600 000 déportés.

6 000 000 de victimes de la Shoah. »

11h40 Arrivée au Mémorial de la Shoah et à la Cité de la Muette.

Enfin, nous voilà arrivés à destination, l’inauguration va prendre une autre tournure, s’achever et s’inscrire aux rayons des bons souvenirs.

Discours, remerciements, chant vont ponctués ces derniers moments.

Avant, Damaris nous présente Frida Wattenberg, dont nous avons parlé un peu plus haut et qui symbolise pour nous tant de choses.

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Elle est notre « Mémorial de la Shoah », une belle journée de mars 2015, une figure de la résistance juive, un destin hors norme qui la verra se présenter au camp de Drancy pour venir réclamer sa mère.

Un exemple pour beaucoup d’enfants de la classe.

Avant de traverser et prendre la parole sur la place devant la Cité de la Muette, je m’échappe un  instant pour embrasser mes parents et les remercier de leur présence.

Pour moi aussi, c’est un instant de grande fierté de les voir assister à tout cela, eux si discrets et pourtant si présents à mes côtés.

11h50 l’Inauguration et les derniers discours.

Je ne vous ferai pas l’affront de vous narrer tous les discours ce d’autant que je ne me souviens pas du mien improvisé, dans l’émotion, dans le présent de l’action.

Je me souviens de la prise de parole de chacun, André, Jean-Paul, Jacques, Erich Batailly du CDOS, de chacune, Martine, Claudine, la vice-présidente du comité régionale de randonnée, de Mme Yierro, élue de la mairie de Drancy.

Les discours des uns

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Les discours des unes

 

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Je me souviens surtout de la prise de parole de Mme Picard, petite fille d’Odette Nilès, grande résistante drancéenne, femme de l’ancien Maire de Drancy, fiancée de Guy Moquet, de son livre dédicacé et offert à la classe.

Par ailleurs, avec elle, se trouvait une grande dame drancéenne, fille de résistant bondynois, j’ai nommé Mme Louisette Tosi.

Louisette Tosi est Présidente de l’Association du Musée National de la Résistance de Champigny qui nous a si bien accueillis à deux reprises.

 

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Je me souviens aussi de ce moment où nous nous sommes placés devant le Mémorial de Drancy pour entonner le Chant des Partisans a capella.

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La fin se poursuivra sous le préau de l’école Pablo Picasso, mis à notre disposition, avec un petit verre, quelques chips et beaucoup de discussions.

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Pour terminer

Quelques photos des présentations des élèves non détaillées dans cet article.

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Les parents présents ce jour là

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Quelques personnalités très importantes dans la réalisation de ce projet.

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Nos amis randonneurs sans qui rien ne ce serait fait.

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Et bien sur, je ne peux terminer sans quelques photos des enfants. Un grand mérite leur revient dans cette matinée.

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Encore un grand merci à tout le monde.

S.AUCLERT

 

 

 

 

 

 

 

La cité de la Muette et le Camp de Drancy

Le jeudi 19 mars 2015, nous avons avec les enfants fait un grand voyage dans l’Histoire de la seconde guerre mondiale.

Le matin, c’est au Mémorial de la Shoah que nous avons partagé la vie et les aventures de Frida Wattenberg.

L’après-midi, nous avons eu l’honneur de cotoyer Lucien Tinader, enfant caché pendant la guerre, responsable au sein de l’association AFMA (Association pour la Fondation Mémoire d’Auschwitz).

exposition dans la salle de l'AFMA
exposition dans la salle de l’AFMA
exposition dans la salle de l'AFMA
exposition dans la salle de l’AFMA
exposition dans la salle de l'AFMA
exposition dans la salle de l’AFMA

Avec Lucien, nous avons dans un premier temps visionné un petit film qui retraçait l’histoire du camp de Drancy entre 1941 et 1944.

Salle Alain Blumberg avec Lucien Tinader
Salle Alain Blumberg avec Lucien Tinader

Ce film nous l’avons vu dans la salle qui porte le nom de Alain Blumberg.

Alain Blumberg n’était pas un de ces hommes qui ont combattu les allemands, qui ont mené une révolte dans le camp de Drancy, qui ont cherché à s’évader.

Non, il n’était pas de ceux-là, simplement parce qu’il est né dans le camp de Drancy un  17 juillet 1944 et qu’il a été déporté le 31 juillet 1944.

Il avait 14 jours et les seuls moments qu’il a passés sur cette planète, ont été en temps de guerre, de misère et de mort.

Ensuite Lucien Tinader, nous a raconté sa vie d’enfant caché dès le plus jeune âge pour échapper à un destin mortel tout tracé.

Nous développerons un article complet sur ce témoignage plus tard.

Après cette visite, Lucien Tinader a emmené les enfants devant le Wagon témoin et nous avons pu pénétrer dedans et poursuivre notre visite.

Ouverture du Wagon témoin par Lucien Tinader
Ouverture du Wagon témoin par Lucien Tinader
A l'intérieur du Wagon témoin.
A l’intérieur du Wagon témoin.

Pour revenir sur le camp, avec les enfants, nous avons aussi étudié le documentaire réalisé par Philippe Saada, intitulé : Un camp aux porte de Paris, Drancy 1941-1944.

Documentaire bouleversant sur cette période, sur le camp, avec des témoignages de rescapés, d’historiens, d’une durée de 1h10 min.

Voici quelques repères datés de ce camp.

Le camp de la Cité de la Muette:

Camp d’internement utilisé d’août 1941 à août 1944 par les allemands.

Guerre et Résistance : Mis à disposition par la France, géré au départ par la police française sous contrôle allemand.

20 au 24 août 1941 : Multiples rafles, dans la population juive, organisées dans Paris. 4232 personnes arrivent à Drancy.
Dirigé par Théodor Danneker

juin 1942 : Premier convoi de déportés sous l’autorité de Danneker

16 et 17 juillet 1942: Rafle du Vel d’Hiv.

2 et 3 juillet 1943 : Remplacement de Danneker par Alois Brunner. Le camp est à présent totalement géré par les Allemands de Brunner.

15 septembre 1943 : Tentative d’évasion en creusant un tunnel. Tunnel découvert en novembre 1943, il restait 3 mètres à creuser.

18 août 1944 : Libération du camp et des 1467 prisonniers par le consul de Suède Raoul Nordling et la Croix Rouge. Aloïs Brunner s’échappe la veille.

69 convois sont partis de Drancy. 67 000 des 76 000 déportés de France l’ont été de Drancy.
1976 création du Monument sculpté à côté du Wagon-témoin.

Wagon Témoin devant la Cité de la Muette
Wagon Témoin devant la Cité de la Muette
Mémorial dédié aux victimes de la Shoah
Mémorial dédié aux victimes de la Shoah

Mémorial de la Shoah et Frida Wattenberg

Lors de notre visite Mémorial de la Shoah, nous avons été accueillis par Elise Malka avec laquelle nous avons participé à une activité intitulée : L’Etoile du Combattant.

Cette activité nous a permis de faire la connaissance d’une grande dame, toujours parmi nous, prénommée Frida.

FRIDA WATTENBERG

Née le : 7 avril 1924 à Paris de parents polonais.

Jeunesse : Participe à la cellule gaulliste du lycée Victor Hugo à Paris.

Guerre et Résistance : Dès ces 16 ans, en 1940, elle participe activement à l’appel à la Résistance en France.

11 novembre 1940 : Colle des affiches dans les salles de classe de son lycée.

1941 : Recrutée par l’OSE, oeuvre de secours aux enfants, elle aide les enfants juifs et apprend à fabriquer des faux papiers.

juillet 1942 : Sa mère est raflée lors de la Rafle du Vel d’Hiv. Elle n’hésite pas à se présenter au camp de Drancy et obtenir la libération de sa mère.

1943 : Elle part à Grenoble et rejoint la résistance juive. Elle aide à faire passer des enfants en Suisse.

1944 : Elle est dans la région de Toulouse au moment de la Libération de Paris. Elle continue de s’occuper d’enfants juifs à qui elle fournit de fausses identités.

1945 : Elle retrouve sa mère qui a survécu, cachée, à la guerre et son frère qui l’aidait à Grenoble.

Elle est toujours vivante et est agée de 91 ans.

Le Mémorial de Drancy a été inauguré le 21 septembre 2012 par François Hollande.

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Victoire du 8 mai 1945

Cette rue se situe à l’angle de la rue de la Liberté que nous remontons en fin de parcours.

Voici quelques repères et bilan de la Seconde Guerre Mondiale.

Victoire finale des Alliés sur l’Allemagne nazie. Marque la fin de la Seconde Guerre Mondiale en Europe.

Guerre : Quelques dates

17 juillet 1942 au 2 février 1943 : Bataille dite de Stalingrad. 200 jours de combats et défaite des Allemands

6 juin 1944 : Débarquement sur les plages de Normandie.

15 août 1944 : Débarquement en Provence.

19 au 25 août 1944 : Libération de Paris et défilé le 26 août sur les Champs-Elysées.

7 mai 1945 : Réddition de l’armée allemande signée à Reims

8 mai 1945 : Capitulation officielle de l’Allemagne signée à Berlin.

Le 8 mai devient une première fois un jour férié de commémoration en 1953 avant d’être supprimé comme jour férié en 1959 par le Général de Gaulle puis comme commémoration en 1975 par le Président Giscard d’Estaing.

Le caractère férié et commémoratif est rétabli en 1981 par le Président François Mitterrand.

Bilan de la guerre : 6 années de guerre, entre 60 et 80 millions de morts dont 45 millions de civils, 18 millions de soldats alliés et 11 Millions de soldats allemands. Environ 600 000 déportés. 5 100 000 victimes de la Shoah.

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René Deschamps

Né le : 2 octobre 1902 à Poitiers

Profession : Chauffeur de taxi dans Paris. Conseiller Municipal de la ville de Drancy en mai 1935. Militant et membre du Parti Communiste.

Guerre et Résistance :

septembre 1939 : Le Parti Communiste et l’Humanité sont déclarés Hors la loi par décrêt.
Signataire de «l’Appel aux drancéens» lancé par Jean-Louis Berrar.

février 1940 : il est déchu de son mandat municipal. Il poursuit ses activités de militants et de combattant du mouvement nazi de façon clandestine avec la distribution de tract, de parutions.

20 janvier 1941 : Il est arrêté à son domicile à Drancy à 6H30 du matin par la police française puis envoyé dans le camp de Clairvaux (Aube).

26 septembre 1941 : Il est transféré au camp de Rouillé.

9 février 1942 : Il est transféré au camp de Royallieu à Compiègne.

6 juillet 1942 : Il est transféré au camp d’Auschwitz dans le convoi dit des 45000.

19 septembre 1942 : Il meurt victime de la dysenterie.

Rue René Deschamps à l'angle de la rue de la Liberté
Rue René Deschamps à l’angle de la rue de la Liberté

Attention : Notre chemin emprunte la rue de la Liberté, après la rue Ribot, et à l’angle se trouve l’école René Deschamps et la rue René Deschamps.

Pour terminer notre chemin, il faut remonter la rue de la Liberté.

Photos extraites du site :

http://politique-auschwitz.blogspot.fr/2014/04/deschamps-rene-auguste.html

avec l’aimable autorisation de Claudine Cardon-Hamet.

 http://politique-auschwitz.blogspot.fr/2014/04/deschamps-rene-auguste.html
site http://politique-auschwitz.blogspot.fr/2014/04/deschamps-rene-auguste.html
Photo extraite du site http://politique-auschwitz.blogspot.fr/2014/04/deschamps-rene-auguste.html
http://politique-auschwitz.blogspot.fr/2014/04/deschamps-rene-auguste.html

Simon Bronzstein

Né le : 23 janvier 1918 à Crectamour en Pologne

Jeunesse : Fils du rabbin de Drancy et membre des Jeunesses Communistes à 15 ans puis au Parti Communiste à 22 ans.

Guerre et Résistance : Participe à de nombreux rassemblements ou manifestations avec Jacques Jorissen, Fernand Péna, notamment.

13 août 1941: Arrestation à Paris à Richelieu Drouot lors d’une manifestation anti-allemande ainsi que 7 autres drancéens dont André Sigonney et Raymond Justice.

août 1941 : Suite à son arrestation, il passe en cour martiale et est envoyé dans le camp d’internement de Chateaubriant. D’autres, jugés ce jour là, sont exécutés ou dondmanés

18 mai 1941 : Arrestation au domicile d’André Chaintron, à Paris.

15 décembre 1941 : Il est fusillé sans procès avec 68 autres otages au Mont Valérien.

ATTENTION : La rue Simon Bronzstein est située avant la rue Fernand Péna et ne fait pas partie de notre chemin.

Plaque de la rue Bronzstein située avant la rue Péna
Plaque de la rue Bronzstein située avant la rue Péna

Nous évoquons la personne de Simon Bronzstein car une école portant son nom se trouve dans la rue Ribot que nous empruntons en fin de parcours.

Henri Langlois

Né le : 1er février 1895 à Tupigny (Aisne).

Profession et politique: poseur de voie et chef de chantier. Militant socialiste SFIO puis membre du comité de formation des Groupe d’action révolutionnaire. Rejoint le Parti Communiste Internationale en 1936

Guerre et Résistance :
28 octobre 1943 : On sait seulement qu’il est fusillé à Cologne en Allemagne après avoir été déporté.

Langlois

La Bataille de Stalingrad

Lieu et date : Stalingrad est une ville située au Sud-Est de Moscou. Attaque allemande en juillet 1942.

Importance stratégique : Centre industriel important possédant un port sur la Volga, plus grand fleuve d’Europe.

Forces en présence:

  • Armée soviétique : jusqu’à 1 millions 103 mille soldats. Commandant principal Georgi Joukov
  • Armée allemande : jusqu’à 1millions de soldats. Commandant principal Friedrich Paulus

Déroulement : du 17 juillet 1942 au 2 février 1943 soit 6 mois ou 200 jours de combats

Bilan :

  • 486 000 soldats soviétiques tués, 600 000 blessés
  • 450 000 soldats allemands tués ou blessés
  • 250 000 civils tués
  • Défaite de l’armée allemande qui entraîne le début de la chute du régime nazi.

Route de stalingrad

Jacques Jorissen

Né le : 27 mai 1918 à Paris.

Jeunesse : Participation active à la vie associative de la ville de Drancy. Membre des Jeunesses Communistes dont il est le secrétaire à Drancy.

Profession : Peintre en batiment

Guerre et Résistance : possède une Roneo avec laquelle il imprime de nombreux tracts. Il participe à de nombreuses manifestations

7 juillet 1940 : Avec 6 autres jeunes communistes, ils se réunissent en plein air et font connaître leur volonté de refuser les ordres des allemands.

6 novembre 1940 : Premier résistant drancéen dénoncé. Il est arrêté. Il ne parle pas. Condamné à 6 mois de prison. A la fin de sa peine, il est envoyé au camp de Choisel à Chateaubriant.

23 avril 1942 : il est fusillé comme otages à Chateaubriant avec notamment deux autres drancéens dont Simon Bronzstein. Il allait avoir 24 ans.

 

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Les Trois Abbés

 

 

LOCALISATION : 

La rue des Trois Abbés est située dans le quartier Drancy Centre et rend hommage à trois figures religieuses de la ville morts durant la Seconde Guerre Mondiale. 

Elle est perpendiculaire à la rue Adrien Froment et permet de rejoindre la rue Jean-Pierre Timbaud, toutes deux portant des noms de résistants drancéens.

Qui sont les Trois Abbés : Paul André, Emmanuel Vinson et Joseph « Jean » Ziegler sont les trois « abbés », résistants, morts aux combats pour la France.

Peu d’informations sont disponibles sur ces trois résistants mais grâce aux recherches du Papyrus Drancéen, voici quelques documents.

1940.07.23 La Croix
Document Papyrus Drancéen, 23 juillet 1940. La Croix

Paul André : Dans ce document, on trouve mention de la mort des premiers prêtres  soldats du diocèse de Paris tombés au champ d’honneur.

Sa vie :  Il est vicaire de Drancy de 1933 à 1940 et fonde la section JOC, construit la Salle 105.

Il est l’instigateur de la fabrication au sein de la JAD de courts de tennis, une piste d’athlétisme et un terrain de basket.

Sa mort : Paul André, est mort à 35 ans en compagnie de son frère l’abbé Charles André, professeur au séminaire d’Issy, âgé de 43 ans à Orival le 13 juin 1940.

(source Recueil JAD Premier Centenaire)

 

portrait Emmanuel Vinson collection Papyrus DrancéenEmmanuel Vinson : Emmanuel Vinson, né le 16 novembre 1906 à Neuilly sur Seine est vicaire à Saint-Jean de Drancy, Docteur en théologie et abbé.

Il appartient aussi au Régiment de Pionniers affectés au 24ème Corps d’armée pour la campagne avec le grade de Lieutenant au 624 ème Régiment de pionniers.

Sa mort : Il meurt sur le champ d’honneur le 6 juin 1940, soit douze jours avant l’appel à la résistance du Général de Gaulle, dans la commune de Moulin-sous-Touvent dans l’Oise.

1940.09.20 Emmanuel Vinson faire-part collection Papyrus Drancéen  Son faire-part de décès en date du 7 juin 1940

 

 

 

 

 

 

 

ZieglerJoseph Ziegler : Joseph Pierre Marie Aurélien Ziegler, dit Abbé Jean Ziegler est né le 8 octobre 1910 à Limoges en Haute-Vienne.

Il est vicaire à Saint Germain à Drancy.

Sa vie : Il est en charge des jeunes de la JAD, tandis que Paul André s’occupe des adultes, au début des année 30.

Il sert dans le 21ème Régiment d’Infanterie Coloniale avec le grade de lieutenant.

1940.09.07 La CroixSa mort : Il meurt sur le champ d’honneur le 18 juin 1940, date de l’appel du Général de Gaulle, dans la commune de Saint-Germain-sur-Meuse, dans la Meuse.

Il avait 29 ans.