Mon Inauguration du 27 mai 2015

Jusqu’à présent, soit près d’un mois et demi, je n’avais pas trouvé de temps pour raconter mon inauguration du mercredi 27 mai 2015.

Les préparatifs.

Depuis le mois de septembre 2014, cette date résonne comme le rendez-vous à ne pas rater, telle une finale à laquelle nous sommes destinés, un mariage où nous sommes attendus, un examen à passer.

Avant l’heure, tout est encore possible, après ce sera plus difficile et pendant, il faudra prendre le temps de savourer chaque instant.

Depuis le début, je sais que tout ce que nous voulions faire ne sera pas abouti mais les objectifs les plus importants seront atteints.

Depuis le début, je sais que le mois de mai sera, presque entièrement, consacré à finaliser les derniers détails.

Par exemple, le jeudi 21 mai, nous organisons avec Jacques Dufour, une randonnée répétition, avec lecture des présentations à chaque rue.

Nous partons à 9h30 et 4 heures plus tard, nous arrivons péniblement devant l’école Deschamps. Les élèves, dans l’ensemble, n’ont pas appris leur texte, n’écoutent pas leur camarade, et traînent des pieds pour avancer.

A cela s’ajoute le fait que je viens de récupérer le numéro d’une personne de la Communication de la ville de Drancy. Rendez-vous est pris pour 14h, afin de récupérer les flashs codes qui nous serviront pour l’inauguration du 27 mai.

Cette journée est quasiment un cauchemar mais sans que cela ne m’inquiète.

Je sais déjà que le jour « j », tout sera prêt.

Le lendemain matin, j’en profite pour clarifier les choses avec les enfants et pour leur remonter les bretelles, comme on dit.

L’excès de confiance n’aura pas lieu d’être et la concentration sera maximale.

Le week-end du 23-24 mai, j’en profite pour terminer la rédaction des articles nécessaires pour l’inauguration. L’idée est qu’il existe un article pour chaque personne étudiée afin que le site soit complet. Il nous restera le mois de juin pour que les enfants postent leurs articles.

L’objectif est réalisé mais du coup me voilà parti pour récupérer tous les flashs codes auprès du service communication le mardi 26 mai à 17h.

Le matin du 27 mai 2015

Ce matin là, je me lève tranquillement et prépare mes affaires (appareil photo, vêtements, documents, …) afin de partir et être présent au rendez-vous fixé devant la Cité de la Muette à 7H45.

Avec André, l’ensemble des randonneurs, notamment, Jacques et Jean-Paul, nous nous organisons pour laisser des voitures à l’arrivée tout en nous convoyant à l’école pour 8H15.

8H30, début de l’inauguration.

Nous sommes amassés près de la porte du Parking, l’ensemble des enfants est là, apprêtés, motivés, et déjà le plaisir de voir certains visages de parents et d’invités se fait ressentir.

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Comme prévu dans le déroulement, avec André, Jacques et Jean-Paul, nous faisons un bref discours de présentation et d’explication de notre projet.

Il est temps de partir afin de rejoindre la Cité de la Muette pour 11H30.

9h15, les premiers articles.

Nous cheminons alors à près de 80 personnes sur le trottoir en direction de la Cité de la Résistance. Certains randonneurs ont pour mission de sécuriser notre convoi pour traverser ou pour encadrer notre groupe.

Nous arrivons donc à l’allée Honoré d’Estienne d’Orves et à l’aide d’un micro et d’une enceinte portative, je donne quelques informations avant de donner la parole aux premiers élèves.

Le hasard, qui fait toujours bien les choses, même si je l’ai un peu aidé, a voulu que la première intervention serait faite par Nilam, Clémence et Aïmane.

Nilam est un vrai exemple, pour nous tous, d’intégration, de volonté et de réussite pour la classe. En effet, elle est en France depuis à peine un an et demi. Elle est venue directement du Népal et met toute son énergie à bien parler et maîtriser le français.

En septembre, je m’adressais à elle en français et en anglais, qu’elle manie couramment, puis dès le mois d’octobre, elle m’a demandé de n’employer que le français.

Clémence, elle, est d’origine chinoise et toute l’année il m’a fallu tendre l’oreille pour apprécier le son de sa voix.

Aïmane, élève passionné de football, a parfois des petites difficultés à lire ou mémoriser ses textes. Ses écrits sont aussi un peu difficiles à déchiffrer mais ses connaissances dans de nombreux domaines sont précieuses.

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Le moment de leur laisser la parole est arrivé et devant leur stress, un peu d’humour les détend un peu. Je tends le micro et Nilam récite son texte :  » Honoré d’Estienne d’Orves, Né le : 5 juin 1901 à Verrière le Buisson (Essonne). Jeunesse : Sort de Polytechnique en 1923 et intègre lʼEcole Navale. Guerre et Résistance : Se trouve à Alexandrie (Egypte) lors de lʼArmistice de juin 1940. Refuse la défaite française. 27 septembre 1940 : Rejoint le Général de Gaulle à Londres… »

Clémence poursuit la mini biographie qu’Aïmane termine sans souci.

Le plus dur a été fait et les autres vont s’inspirer de leur prestation.

Seule, petite ombre au tableau, je cherche à apposer notre premier flash code lorsque je découvre que …. ce dernier manque à l’appel ainsi que ceux de Gabriel Péri et Pierre Brossolette.

Il faudra donc attendre l’allée Jean Moulin pour inaugurer notre dispositif.

9h45 en route vers Stalingrad.

Cette rue ou route de Stalingrad porte bien son nom. En l’empruntant, on a comme l’impression de cheminer vers cette ville lointaine.

L’avantage est qu’elle permet de prendre le temps de discuter avec celles et ceux qui viennent vous féliciter, vous questionner sur le projet.

Au détour d’une armoire technique peinte, nous faisons un petit arrêt pour écouter Dimitri et Moussa.

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L’un et l’autre ont fait un vrai effort vestimentaire pour cette occasion et ont aussi pris la peine d’apprendre leur texte et de tenter l’exercice de présentation sans aide.

Ils nous font revivre ces combats, appelés « Bataille de Stalingrad », qui perdureront pendant près de 200 jours faisant des centaines de milliers de morts dans les deux camps, russes et allemands.

Surtout, cette « bataille » marquera un tournant dans la guerre et précipitera la future défaite des nazis.

10H10 Fernand Péna

Cette rue Fernand Péna est l’occasion de rendre hommage au premier résistant d’origine drancéenne. A travers lui, nous pouvons prendre conscience de cette jeunesse qui aux portes de Paris, à quelques encablures du Camp de Drancy, a choisi de résister à visage découvert, de faire entendre son refus de l’Occupation allemande quitte à y laisser sa vie.

Arsan et Rozy nous énumèrent les quelques dates de la vie de Fernand Péna tandis que Jacques Dufour, ensuite, nous fait partager ses connaissances sur ce lieu.

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Nous en profitons pour coller officiellement notre logo et nos flashs codes permettant de retrouver les articles sur Fernand Péna.

Nous poursuivons notre chemin en parcourant la rue Jean Wirbel, Gustave Devèze et la rue de la Paix.

10h35 Danielle Casanova

Nous arrivons dans la dernière partie de notre chemin lorsque nous atteignons la rue Danielle Casanova.

A plus d’un titre, ce moment restera important pour notre inauguration.

Tout d’abord, important car il célèbre la première et seule femme de notre parcours (à notre grand dam).

Ensuite parce que le destin de Danielle Casanova est des plus romanesques et dramatiques à la fois. Elle oeuvra pour la cause des femmes, la résistance, la vie dans les camps et le paya de sa vie malheureusement.

Enfin, plus simplement, il me permit de donner la parole à Mallaury, belle rousse, toute en discrétion et retenue, timide maladive mais si pertinente dans son travail et Enzo, sourire charmeur, petit trublion, cousin de Mallaury.

Ensemble, ils ont fait la part belle à cette grande dame et rendu hommage à ses combats.

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Jacques Dufour en profita aussi pour associer Danielle Casanova à son amie Maï Politzer, femme de Georges Politzer.

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10H50 Jacques Jorissen

Un autre plaisir particulier avec l’évocation de Jacques Jorissen, autre figure locale active, qui paya de sa vie son engagement face à la barbarie nazie.

Elle sera faite par Vidushan, élève que j’ai connu en CP, 6 ans plus tôt, maintenu en CM2 cette année et qui participa du coup à notre projet.

Un garçon toujours positif, calme et sensible qui joua un rôle très précieux dans les liens qui ont uni tous les élèves de la classe.

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11h15 Simon Bronzstein

Notre chemin va bientôt entrer dans sa dernière ligne droite.

Avant de s’y engouffrer, je me sens obligé, comme pour Danielle Casanova, de vous faire partager la « rencontre » entre Simon Bronzstein et Anaïs.

D’un côté donc, Simon Bronzstein, drancéen, fils du rabbin  de Drancy, polonais d’origine, fusillé sans procès au Mont Valérien avec 68 autres otages le 15 décembre 1941.

Une rue porte son nom, à côté de celle de Fernand Péna et surtout une école, rue Ribot, où nous poserons un logo et un flash code.

De l’autre, Anaïs, petit bout de jeune fille, possédant un an d’avance, naturelle, attachante, volontaire et combattive.

Toute l’année, elle va s’investir dans le projet, faire des recherches, écrire des articles (remplis de fautes en première lecture :)), m’apporter des documents de ses grands-parents, de sa maman ou de sa soeur.

Elle n’hésitera pas avec sa maman à se rendre au Mémorial de la Shoah pour rencontrer Frida Wattenberg dont nous avons pu étudier la vie, ses combats et son courage.

Bref, Anaïs est comme une synthèse du passé, du présent et je l’espère du futur en terme de valeurs et d’abnégation.

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11h30 rue de la Liberté.

Après avoir quitté la rue Ribot, Délia nous a narré la vie d’un autre grand nom de la résistance drancéenne avec René Deschamps.

Nous entamons la dernière ligne droite avec la rue de la Liberté.

Au bout, nous atteindrons la rue Jean Jaurès, la Cité de la Muette et le Mémorial de la Shoah.

Mais cette dernière rue ne se fera pas comme un long fleuve tranquille.

Tout d’abord, comme l’indique l’heure du titre, nous sommes légèrement en retard. Nous arriverons à bon port avec dix petites minutes au final.

Ensuite, c’est le moment choisi par le journaliste du Parisien pour venir m’interviewer. En quelques mots, je lui présente le projet, les partenaires qui nous ont accompagnés, les différentes étapes, la joie d’être là aujourd’hui.

Lui prend quelques notes rapides sur son cahier, quelques photos de ci, de là.

Au loin, j’entends mon nom mais je ne distingue pas les mots ni la demande.

En fait, nous venons de « zapper » la rue du 8 mai 1945 et sa présentation. Mon nom lui était crié par André, le directeur de l’école.

Tout ça est bien entendu de la faute de notre « ami » journaliste » mais je ne lui voudrais jamais car il se fera « pardonner » en publiant un bel article dès le soir même sur le site internet du journal et le lendemain dans l’édition locale.

Le texte oublié pour la postérité prévu pour la rue du 8 mai 1945 et dit par Binta et Mariama:

« Victoire finale des Alliés sur lʼAllemagne nazie. Marque la fin de la Seconde Guerre Mondiale en Europe.

Guerre : Quelques dates

  • 17 juillet 1942 au 2 février 1943 : Bataille dite de Stalingrad. 200 jours de combats et défaite des Allemands
  • 6 juin 1944 : Débarquement sur les plages de Normandie.
  • 15 août 1944 : Débarquement en Provence.
  • 19 au 25 août 1944 : Libération de Paris et défilé le 26 août sur les Champs-Elysées.
  • 7 mai 1945 : Réddition de lʼarmée allemande signée à Reims
  • 8 mai 1945 : Capitulation officielle de lʼAllemagne signée à Berlin.

Le 8 mai devient une première fois un jour férié de commémoration en 1953 avant dʼêtre supprimé comme jour férié en 1959 par le Général de Gaulle puis comme commémoration en 1975 par le Président Giscard dʼEstaing.

Le caractère férié et commémoratif est rétabli en 1981 par le Président François Mitterrand.

Bilan de la guerre :

6 années de guerre, entre 60 et 80 millions de morts dont 45 millions de civils, 18 millions de soldats alliés et 11 Millions de soldats allemands. Environ 600 000 déportés.

6 000 000 de victimes de la Shoah. »

11h40 Arrivée au Mémorial de la Shoah et à la Cité de la Muette.

Enfin, nous voilà arrivés à destination, l’inauguration va prendre une autre tournure, s’achever et s’inscrire aux rayons des bons souvenirs.

Discours, remerciements, chant vont ponctués ces derniers moments.

Avant, Damaris nous présente Frida Wattenberg, dont nous avons parlé un peu plus haut et qui symbolise pour nous tant de choses.

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Elle est notre « Mémorial de la Shoah », une belle journée de mars 2015, une figure de la résistance juive, un destin hors norme qui la verra se présenter au camp de Drancy pour venir réclamer sa mère.

Un exemple pour beaucoup d’enfants de la classe.

Avant de traverser et prendre la parole sur la place devant la Cité de la Muette, je m’échappe un  instant pour embrasser mes parents et les remercier de leur présence.

Pour moi aussi, c’est un instant de grande fierté de les voir assister à tout cela, eux si discrets et pourtant si présents à mes côtés.

11h50 l’Inauguration et les derniers discours.

Je ne vous ferai pas l’affront de vous narrer tous les discours ce d’autant que je ne me souviens pas du mien improvisé, dans l’émotion, dans le présent de l’action.

Je me souviens de la prise de parole de chacun, André, Jean-Paul, Jacques, Erich Batailly du CDOS, de chacune, Martine, Claudine, la vice-présidente du comité régionale de randonnée, de Mme Yierro, élue de la mairie de Drancy.

Les discours des uns

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Les discours des unes

 

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Je me souviens surtout de la prise de parole de Mme Picard, petite fille d’Odette Nilès, grande résistante drancéenne, femme de l’ancien Maire de Drancy, fiancée de Guy Moquet, de son livre dédicacé et offert à la classe.

Par ailleurs, avec elle, se trouvait une grande dame drancéenne, fille de résistant bondynois, j’ai nommé Mme Louisette Tosi.

Louisette Tosi est Présidente de l’Association du Musée National de la Résistance de Champigny qui nous a si bien accueillis à deux reprises.

 

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Je me souviens aussi de ce moment où nous nous sommes placés devant le Mémorial de Drancy pour entonner le Chant des Partisans a capella.

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La fin se poursuivra sous le préau de l’école Pablo Picasso, mis à notre disposition, avec un petit verre, quelques chips et beaucoup de discussions.

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Pour terminer

Quelques photos des présentations des élèves non détaillées dans cet article.

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Les parents présents ce jour là

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Quelques personnalités très importantes dans la réalisation de ce projet.

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Nos amis randonneurs sans qui rien ne ce serait fait.

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Et bien sur, je ne peux terminer sans quelques photos des enfants. Un grand mérite leur revient dans cette matinée.

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Encore un grand merci à tout le monde.

S.AUCLERT